... après quatre semaines d’enseignement
Demain, j’enseigne pour la dernière fois. Je crois que j’en serai à la fois immensément soulagée et que ça me manquera aussi beaucoup.
J’ai appris beaucoup ici et pas qu’en termes de pédagogie. J’ai toujours aimé observer mes profs et prendre en note les petites choses (comme les grandes !) qui font d’eux d’excellents enseignants. C’était tout autre chose que de se trouver derrière le rideau, d’apprendre formellement comment devrait se dérouler un cours.
J’ai appris à préparer à structurer un cours en ayant, par exemple, une « cible linguistique » à atteindre ainsi qu’un champ lexical relié au thème global de la classe. J’ai appris ce que sont des « concept-checking questions, » visant à s’assurer de la compréhension des élèves, et à faire en sorte que les élèves passent plus de temps à parler que le prof lui-même. J’ai créé des jeux de rôle, des feuilles et des feuilles d’activités, des activités de compréhension orale et des activités de compréhension de lecture.
Pour vous donner un exemple… Demain, j’ai choisi comme thème « the past tense in a narrative context, » donc la concordance des temps dans un récit. Je voudrais commencer le cours en donnant une feuille avec de courts extraits que les élèves devront classer selon leur genre littéraire. Par la suite, toujours en utilisant la même feuille d’exercices, les élèves devront identifier les temps de verbe, ce qui me permettre de réviser les temps pertinents dans ce cas-ci. Une autre feuille d’exercices leur fera pratiquer le tout. Finalement, je leur ferai visionner un court-métrage trouvé sur YouTube. Il leur faudra compléter l’histoire eux-mêmes et possiblement, présenter leur œuvre devant le reste de la classe.
Voilà, c’est ce que j’ai passé le plus clair de mon temps à faire ces quatre dernières semaines. Ça et une pile d’autres travaux écrits… C’était bien. C’était formateur. Amusant par moment. TRÈS difficile aussi. La partie planif est souvent laborieuse. J’imagine qu’avec le temps et l’expérience, on finit par avoir ses trucs, ses cours préfabriqués, ses zones de confort… Mais quand on commence, tout mais alors absolument tout est à faire et à refaire et à rererefaire. J’ai souvent eu l’impression d’être comme dans les pubs de voiture, quand des crash dummies se font rentrer dans le mur pour prouver que la mécanique a été testée avant d’être relâchée sur le marché. Dans mon cas, au lieu d’avoir des mannequins, j’avais de vrais élèves sur qui « tester » mes plans de cours.
Je regrette parfois le fait que j’aie à peine visité Londres. Heureusement que j’étais déjà venue avec ma famille, d’ailleurs, sinon j’aurais sûrement été très déçue. En fin de compte, je n’aurai visité Londres que le week-end où mes amis de Dresden sont venus me voir. D’un autre côté, j’aurai pu goûter à la vie d’une étudiante à Londres plutôt que celle d’une touriste, avec ma petite routine de me lever le matin, aller en cours, manger des sandwichs chez TESCO… Mon expérience ici m’a seulement donné plus envie encore de retourner à Londres le plus tôt possible !
Somme toute, je suis contente d’avoir fait ce cours qui m’a permis de confirmer des choses qui devaient être confirmés. J’adore l’enseignement. Ce n’est pas une profession facile, mais je crois qu’elle peut apporter beaucoup. J’espérais et je m’attendais fortement à bien m’entendre avec les élèves, ce qui a finalement été le cas. Je parle encore à ceux à qui je n’enseigne plus (nous devions changer de niveau chaque semaine) et c’est vraiment gratifiant que d’avoir un ex-élève me demander si je vais enseigner dans sa classe à nouveau parce qu’il a bien aimé mon style.
Je ne pense pas que je serais prof d’anglais toute ma vie, par contre. J’aime et j’ai bien aimé le faire. Enseigner une langue est un défi incroyable puisque notre moyen de communiquer avec les élèves est ce qu’il faut leur enseigner. Les maths ne sont pas faciles. La philo n’est pas facile. Ces deux matières sont irrémédiablement liées au langage et vont inévitablement soulever des problèmes de compréhension. Néanmoins, je soutiens que enseigner une langue relève presque d’un autre domaine.
Malgré tout, je crois que je vais adorer enseigner encore plus si j’ai un jour la chance d’être prof l’histoire. J’étais très motivée par ce que je devais enseigner parce que je voulais à tout prix que les élèves comprennent. Je pense que si je deviens prof d’histoire un jour, je serai motivée à la fois par la matière ainsi que par mon désir de la transmettre à mes élèves. Ce jour-là… COUREZ VOUS CACHER DANS UN BUNKER ! Je suis déjà intenable quand j’enseigne l’anglais… Je vais probablement me rouler par terre à chaque cours si on me paye pour parler de moines, de théorie de l’histoire, de féminisme, de, de, de, de…!
** À propos... Je ne cesse de le répéter, mais c'est parce que ça m'importe beaucoup: OUI, mon français est dégueulasse. À ceux qui étaient habitués à plus, je m'en excuse et sachez que je suis la première à m'en désoler.
Tomorrow I’ll be teaching my last lesson. It’s a very odd feeling as I’ll be mightily glad for the whole thing to be over and at the same time… I’ll miss it, I guess.
I learnt quite a lot of things here. I’ve always been keen on analysing my teachers, on noticing the little things that they do that makes their classes successful, and so on and so forth. It was interesting to look “behind the scene” and be taught some of the theoretical and methodological underpinnings of teaching.
I learnt how to stage a lesson, for example; how important it is to have a “target language,” the aim of your lesson, and how a lesson needs a lexical set (some vocab). I learnt about concept-checking questions and increasing the “student talking time” as opposed to the “teacher talking time.” I created roleplay activities and matching activities, info gap activities and gap fill activities, listening activities and reading activities.
Let’s say, for my last lesson, I chose to teach the learners (jargon for “students”) about the past tense in the context of a narrative. I want to start by giving them some bits of text and have them identify the genre of each of them (romance, crime, horror story). Afterwards, I want to do a review of the past tense (past simple, continuous, perfect, perfect continuous), including its form and its meaning. Later, I’ll give them a hand-out with some sentences to switch from the present to the past tense. Finally, I want to show them a short film I found on YouTube, and then, have the students think of, discuss, and write the rest of the story.
That’s the kind of thing I did in the last four weeks. It’s been fun. It’s been haaard as hell as well. The planning part is the worst. Being in front of the class is awfully fun and stimulating. But planning… I always feel like a scientist in a laboratory testing a new prototype; it’s really stressful sitting in front of your computer, trying to see if you’ve got all the elements there, if each stage will prepare the students for the next one, and if you’re really nailing your “target language.”
Sometimes, I’m a little sad that I didn’t get to see that much of London. In the end, I’ve been truly visiting London only one week-end, when my friends from Dresden came to visit. On the bright side, this made me see what student life in London might actually be; going to courses all day, coming back home, studying… and things like going buy crappy sandwiches at TESCO. It didn’t make me dislike London at all; it rather made me want to come back as soon as I can.
In the end, I’m really glad I’ve done this course because it confirmed things that needed to be confirmed. I love teaching. It’s a tough job, but it’s a rewarding one. I also expected and ended up having a great contact with the students. I still talk to students I don’t teach to anymore in the hallways, and it’s a wonderful feeling when they ask you if you’ll be teaching them again because they liked your style.
I wouldn’t be teaching English all my life, though. I like it very much; teaching languages is an enormous challenge, because the means of communication with which you’re working is the thing the students are struggling with. Maths is tough. Philosophy is tough. Both are bound to language, both are bound to rouse different comprehension problems. But I was right to think that it’s something else when language itself is in the way of teaching, or very simply, when it’s language you’re teaching.
Still, I think I’ll love teaching even more if I ever get to teach history. I was extremely motivated by the material I was teaching because I wanted the learners to understand it. I think that, if I do end up being able to teach history… I’ll be motivated BOTH by the material and by my desire to share it with the learners. If such a time ever comes… Be prepared. I was bouncing off the walls teaching English. Teaching history, I’ll be breaking them down, ranting about monks, and historical narrative, and feminism, and, and, and…!
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