lundi 1 août 2011

Ma première expérience d'enseignement / First teaching experience

***J'écris mes billets en anglais avant de les traduire en français, alors mea culpa pour les tournures de phrases anglos.


OK. Je suis morte.

Aujourd’hui, j’ai enseigné trente minutes. Je peux vous assurer que ces trente minutes ont été très intenses (en plus qu’il fait anormalement chaud ici, environ 27 degrés, ce qui devient 40 degrés, pour moi, sans air climatisé, dans une vieille bâtisse, avec une chemise qui me colle sur le dos). J’avais à enseigner à quatre Espagnols, une fille d’Équateur, deux Italiens et un Brésilien l’emploi de « so/too » et « either/neither » dans une phrase. Pas évident justement parce que ça sonne si évident.

Notre classe a été divisée en trois sous-groupes. Chacun d’entre nous devra enseigner, en l’espace des trois prochaines semaines, à des groupes d’étudiants des niveaux débutant, intermédiaire et avancé. Cette semaine, les cinq membres de mon groupe nous partageons une plage horaire de deux heures d’enseignement par jour. Nous enseignons quatre fois par semaine et avons droit à une journée libre durant laquelle nous devons aller assister à d’autres cours. La semaine prochaine, nous n’enseignerons que deux fois par semaine, mais nos cours dureront une heure plutôt qu’une demi-heure.

Après ces deux heures d’enseignement, le groupe s’assoit en rond et chaque apprenti-enseignant prend quelques minutes pour se vider le cœur et faire son autocritique. C’est ensuite au tour de ses pairs de lui donner des commentaires, puis du prof de donner les siens.

Avant chaque cours à donner, nous devons aussi préparer un plan de cours et le matériel qui l’accompagne. Aujourd’hui, par exemple, j’avais préparé des feuilles d’exercice et des images à montrer.

Comment ça s’est passé? Comme je l’ai dit au début de notre petite thérapie de groupe, je pense que je suis très consciente de ce dont je suis capable et ce qu’il me faut améliorer… et ces mêmes forces et faiblesses étaient flagrantes pendant le cours que j’ai donné.

Comme j’étais la première à enseigner, j’ai accueilli les étudiants dans la classe en leur demandant leur nom et leur nationalité. J’ai écrit ces informations sur le côté du tableau, comme j’avais vu certains de nos profs le faire dans leurs propres cours. Ensuite… J’ai fait aller ma jasette, comme on dit en bon Québécois. J’ai parlé d’Espagne avec les Espagnols, j’ai complimenté le Brésilien à propos de sa coupe de cheveux, j’ai chialé à propos de la météo… Bref, je les ai mis BEN à l’aise.

Mes collègues m’ont dit que j’avais une excellente relation avec mes élèves et que j’avais l’air très engagée pendant le cours. Mon prof m’a fait la gentille remarque que j’ai une personnalité « effervescente. » On m’a aussi dit que j’avais brisé (« défoncé, » selon mon prof) la barrière entre enseignant et élèves.

Bref, c’est le côté positif. Je dois avouer que je ne suis pas tout à fait surprise de cet aspect de ma « pédagogie. » Les élèves avaient à peine montré le bout de leur nez dans la classe que je les aimais déjà ! Ça peut paraître absurde, mais après cinq minutes, je voulais sincèrement les aider à apprendre, les amener à exprimer leurs idées et par-dessus tout, leur faire aimer l’anglais. Une fois mon cours terminé, je me suis assise à l’arrière pour regarder et encourager mes collègues et je frétillais sur ma chaise… Je jetais un coup d’œil à Maite, l’Espagnole de Valencia, je voyais qu’elle ne comprenait pas et j’avais envie d’aller m’asseoir à côté d’elle pour lui réexpliquer comment utiliser « I’m going to… ». Plus tard, j’avais envie de féliciter Jose pour sa vivacité et ses bonnes réponses. Ahlala, les élèves… On s’attache vite à ses petites bêtes-là !

Quant au reste… Je crois que j’ai été, comme d’habitude, beaucoup trop ambitieuse. J’avais préparé du matériel pour une heure et une fois à l’avant, j’ai réalisé à la moitié du cours que je n’arriverais pas à faire le quart de ce que j’avais planifié. J’aurais aimé pouvoir passer plus de temps sur la grammaire pour être certaine que mes élèves avaient bien compris. J’aurais aimé pouvoir mieux leur expliquer l’exercice que j’avais apporté.

En conclusion, je ne crois pas que j’aurai à travailler l’aspect humain de l’enseignement. C’est l’enseignement lui-même sur lequel je vais devoir plancher.

(Je dois aussi ajouter que j’adore voir mes collègues enseigner. J’ai toujours été très attentive au style de chacun de mes profs. Je pourrais probablement écrire un répertoire de mes profs depuis le primaire et noter leur caractère comme leur méthode d’enseignement.

Dans un contexte comme celui-ci où apprendre à enseigner est l’objectif même du programme, j’ai soudainement une excuse pour m’adonner à mon passe-temps… et il y a quelque chose de touchant à voir quelqu’un enseigner devant une classe. Sa personnalité rayonne forcément.)

Finalement, cerise sur le sundae de cette journée, j’ai procédé à une entrevue d’une heure et demi avec Manuela, une Italienne de Milan. Je serai sa tuteure pour le reste du mois. C’est toujours amusant de remarquer combien il est facile – pour moi, du moins – d’établir un contact avec une personne provenant d’un pays latin. La relation est plus directe, plus chaleureuse aussi. Je crois bien qu’on me jetterait dans une fosse pleine d’Italiens ou d’Espagnols et je m’en sortirais assez facilement, alors que ce pourrait être moins automatique avec des gens d’une culture qui ne serait pas latine. Tout est dans le…

Bon. J’ai des billets à écrire à propos de mon merveilleux week-end à Cambridge et à Londres. Ça viendra et ça promet d’être volumineux.

J’espère que vous vous portez bien !



Alright. I’m really nearly dead.

Today, I taught for 30 minutes. These were 30 really intense minutes. I had to teach 4 Spanish, 1 girl from Ecuador, 2 Italians, and 1 Brazilian about the use of “so/too” and “either/neither” in a sentence. Obvious. And not so obvious at the same time.

How it works is that our class has been divided in three smaller groups of teachers, and each group is scheduled to teach to one level (pre-intermediate, intermediate, upper intermediate) each week. This week, we have two hours divided between the five of us. We teach four times per week, and have one day off. Mine is tomorrow. Next week, on the other hand, we’ll be teaching only twice, but we’ll teach 1-hour periods.

After each teaching round, we sit in a circle and each trainee (wannabe teacher) talks about his experience, whether he thought it went well or not. Afterwards, his colleagues give him/her feedback, and then, our trainer (the pro teacher) gives his verbal and written comments.

Before each lesson, we need to write a whole plan of how we are going to go about it. We also need to prepare material, if necessary, for example, I brought some pictures and so on.

How did my 30 minutes of teaching go? As I said at the beginning of our little “group therapy” after the teaching practice, I know what I’m good at and what I need to improve… and what I’m good at came out quite plainly during the lesson I gave, and what I need to improve… well, needs to be improved.

As I was the first to go, I greeted the students in the class. I asked them their names, wrote them on the side of the board along with their country of origin, as I had seen professional teachers do it. I did a lot of small talk. “Where in Spain are you from?” “It’s hot today, isn’t it? You wouldn’t expect that from England. At least, it’s not as hot as Spain… I remember back in Sevilla, you could make a tortilla de patatas right on the pavement.” You know. Things like that.

My colleagues said that I had a great rapport with my learners, that I looked really involved. My trainer actually told me I had an “effervescent personality,” which I think is very nice. I was told that I broke (“crashed through,” according to my trainer) the barrier between the learners and myself.

So well. That’s the good part. And to be honest, it’s not as if I’m surprised. As soon as people starting walking into the class, I immediately cared for them. It’s silly, but within five minutes, I wanted to help them, I wanted them to learn, and to speak up, and to enjoy the lesson. It makes teaching much easier.

As for the rest… I think I was overly ambitious when it comes to my lesson plan. 30 minutes went by so quickly, I had to rush whatever I had prepared, and I felt I didn’t get to explain the grammar I was supposed to teach at all. The teaching part is what I have to improve. The “talking to people” part (and getting to love them at once) won’t need much effort. Seriously.

(As a side note, it’s so beautiful to see how teaching lets people’s personality come through. It really is an expression of individuality. I really like watching my colleagues at work!)

I also met the learner I’ll be tutoring. She’s an extremely sweet Italian called Manuela. The more I travel and meet people, the more I feel that I have an intuitive connection with people from other Latin cultures. The contact is more direct, warmer too. I usually get along well with anybody, but throw me in a room full of Italians or Spanish, and I’ll end up pantomiming, laughing, and swaggering, in a manner I might not with people coming from a non-Latin culture.

Anyhow, I’m not teaching tomorrow, so I’ll have time to get my stuff more prepared, I guess.

Now that the “fun” really began, I think this course is going to be a very, very enlightening experience.

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