jeudi 11 août 2011

Quelques pensées à propos de Londres / Some Thoughts About London


** Je suis désolée de ne pas écrire plus souvent. Je croule sous le travail et je suis souvent trop fatiguée pour m'atteler à quoique ce soit d'autre que planifier mes cours...
Pour ceux qui s’intéressent à mes modestes observations ethnographiques, quelques pensées à propos de Londres… Je dirais d’abord que les Britanniques sont effectivement polis (et Londres est réputée pour être la ville la moins sympathique du Royaume-Uni). Ça se remarque dans les « good morning » que les gens s’adressent le matin ou le nombre de « sorry, sorry » que j’entends. C’est une sérieuse entorse à l’étiquette que de ne pas se fondre en excuses si on effleure quelqu’un dans l’ascenseur.
La politesse britannique se traduit aussi dans leurs écriteaux. À Cambridge, j’en ai vu un affichant « Nous regrettons le fait que cet endroit soit fermé » (« We regret that this area is closed »). Je pense qu’on serait plus direct partout ailleurs, surtout en Amérique du Nord. On aurait droit à un « PASSAGE INTERDIT » ou quelque chose comme ça. Ici, ils adoucissent le tout avec un « Nous regrettons… »

À Londres, on traverse aussi la rue à peu près n’importe quand. Ça peut paraître banal, mais après l’Allemagne, où il fallait attendre la lumière verte même s’il n’y avait aucune voiture en vue, ça frappe. J’ai appris la discipline en Allemagne. Depuis que je suis ici… Je traverse la rue comme bon me semble. Les mauvaises habitudes sont celles qu’on récupère les plus vite, peut-être…
J’aime bien la nourriture à Londres aussi parce que, comme à Montréal, on peut trouver de tout. J’avais remarqué la même chose la première fois que je suis venue en Grande-Bretagne, en 2004.
Voici quelques photos de ce qu’on peut trouver ici…
Mon petit déjeuner à la résidence... Très anglais, comme vous pouvez le voir. Je ne me suis étonnamment pas encore écoeurée des oeufs, beans, bacon, hashbrowns, etc. le matin. Je crois ne jamais avoir mangé autant en me levant, d'ailleurs !
L'énorme plateau que nous sert un buffet végétarian Hare Krishna dans SoHo.
Un plat de nouilles d'un resto takeaway de Singapore sur Oxford St.
Finalement, je dirais que Londres possède cette étrange atmosphere à cheval entre l’Europe et l’Amérique du Nord, qui convient peut-être (et sans vouloir faire de généralisations faciles) à quelqu’un venant de Montréal. Londres peut être aussi animée que New York, bohême comme le Plateau, tranquille et universitaire comme le coin où j’habite, plein d’espaces verts, de parcs et de petits squares pour ceux qui ont envie de manger leur sandwich sous un arbre… On y trouve des H&M et des Aldo, mais les gens conduisent du « mauvais » côté de la route. L’anglais rend la ville beaucoup moins dépaysante. C’est la langue du monde entier. C’est la langue que j’emploie à l’université et avec certains de mes amis. Ici, c’est la langue avec laquelle je m’exprime à 99% jusqu’à ce que je passe un coup de fil à mes parents.
Londres est une veritable métropole. Je suis une Québécoise et une Chinoise adoptée, mais ça ne surprend Presque personne. Une de mes collègues de classe est indienne; elle a été élevée ici, mais ses parents ont quitté l’Inde pour s’installer au Kenya, puis venir s’établir en Grande-Bretagne. Une autre de mes collègues est grecque; elle est née à Londres, puis elle a déménagé en Libye et en Égypte. On peut être n’importe qui ici et c’est ce qui fait la beauté de la chose. Et pourtant… Londres n’a pas perdu son âme dans tout cela, à mon avis. Ça se voit dans les pubs qui sont pleins dès 17h00, pleins de « vrais » Brits en train de boire une pinte et de jaser avec leurs collègues de travail.
Venir ici, vivre ici n’a pas été difficile. Je dois avouer que j’ai à peine ressenti la transition. Le cours lui-même est difficile, voyager toute seule peut être difficile… mais Londres elle-même est un endroit que j’adore de plus en plus. Je songe à étudier ici pour ma maîtrise, peut-être bien à UCL et maintenant que je vois ce que c’est que d’habiter ici (dans ma petite chambre, acheter un sandwich chez TESCO, boire une pinte au pub), je crois que je peux très bien m’imaginer étudier, voire vivre ici… et en être très heureuse.



For those interested in my ethnographic (Herodotus-inspired) musings… I’d start with politeness in the UK. It is not a myth. I do think that people here make an incredible effort at being polite. It’s all in the “good morning”-s you’ll hear on the lift or the British perpetual state of “sorriness” about absolutely everything. Your elbow will only slightly touch someone else’s on the lift, and you’ll earn a “sorry” with an apologetic smile.
The British etiquette comes out in their signs. I saw one in Cambridge saying, “We regret that this area is closed.” In North America, you’d probably get a straightforward: “AREA CLOSED.” Here, they add, “we regret.” It’s like that elsewhere. The Brits seem to want to cope with the fact that English can be really brief by adding layers of politeness over everything.
Another striking thing about London is jaywalking. In Germany, I learnt to restrain myself, and to walk ONLY when the light is green. I became disciplined. I became German. Back in Montreal, I didn’t resume my bad habits, thinking that it was much safer to walk in the city the German way.
In London, I jaywalk my life away. It’s like a smoker who stopped smoking and now’s been thrown back in the cigarette paradise. What’s odd is that even when the lights are red, you can cross quite safely. The cars won’t bulge. It’s puzzling, but well… The first day, I felt guilty whenever I crossed the street at somewhere else than a corner and I waited for a green light. Now I’m just going anywhere I want whenever I feel like it.
Food in London is also quite nice. I remembered from my first trip in UK in 2004 that you can eat more than decently here… as long as you like international cuisine. Here are pictures of some of the stuff I’ve eaten in London.
That’s my usual breakfast. Very English it is, as you can get eggs, beans, sausages, bacon, and so on. There’s also porridge. I tasted it once. The guy from my course who’s in my hall told me it’s not representative. Seriously, it’s horrid.
Here’s some food I ate in a Hare Krishna vegetarian buffet. It was wooonderful.
Here, a noodle plate from a Singapore takeaway on Oxford St.
At last, I would say that London has this strange in-between feeling for someone from Montreal. It’s definitely European, but it has the bustling feel of a North American city like New York. People drive on the other side of the road, but if you go on Oxford St, you can go buy shoes at Aldo or clothes at H&M. Pubs are a British experience, but they feel very much like Montreal’s bars. Hearing English everywhere also makes this place much less “foreign” than hearing even a very common language to our ears like Spanish.
London is a true metropolis. I’m a French Canadian Chinese adopted girl here, but people have seen everything else before. I have an Indian friend in my class; she’s been raised here, but her parents have grown up in Kenya and speak Swahili. My fellow classmate who’s Greek was raised in London too, but then she moved to Libya and Egypt. You can be anyone here, which is marvelous. At the same time, London was curiously able to retain its own character. The pubs are full starting from 5 PM, and the people there are “authentic” Brits having a pint and relaxing with their coworkers.
It didn’t feel difficult to settle in. In fact, I don’t think I even felt it. I felt the pressure of the course I’m taking, the pressure of travelling… but I do think London is, to me at least, a very comfortable place to be. I’m thinking about coming to the UK for my master’s degree, most likely UCL, and now that I’ve really seen what it’s like here, I do think I could be happy studying and why not, living here.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire